“Ce type de refus arrive de plus en plus aujourd’hui”

Le prix de la E95 vient de franchiser pour la première fois le cap des 2€ le litre ! Et plus que jamais, la hausse des prix des carburants continue de peser sur le budget des ménages et par extension des travailleurs qui réfléchissent à deux fois avant de prendre leur voiture.

Auparavant, le fait d’avoir un bon travail payé correctement et dans ses cordes prédominait pour accepter un poste. Aujourd’hui, la distance lieu de travail-maison et le coût du trajet sont devenus prioritaires. Surtout s’il s’agit d’accepter des missions d’intérim. Au pire, l’intérimaire préférera refuser un bon job, pour un autre moins valorisant, mais plus proche de chez lui.

Plus de 15 km, c’est déjà trop !

Chez Actief Interim à La Louvière, certains disent “non” en effet, comme nous l’expliquons Sanaa : “En général, on prend des gens de la région pour des offres du coin et les candidats ont vraiment besoin de travailler. Mais il y a quelques semaines, un de nos intérimaires a refusé tout net une mission de préparateur de commandes située à 15 km de son domicile. Il m’a clairement évoqué le prix du carburant pour justifier son refus. Ils reçoivent un abonnement social pour leurs frais de déplacement, mais vu le coût des carburants, ce n’est évidemment pas suffisant. »

Un phénomène qui s’accentue selon Christine de Start People à Enghien : « Ce type de refus arrive de plus en plus aujourd’hui et ce, quel que soit le domaine de mission. La hausse des prix du carburant fait que les gens veulent absolument un travail proche de leur domicile. Au-delà de 30 minutes de trajet, c’est niet, et même pour 30 km à faire, c’est devenu trop ! On peut aussi les comprendre, car si les salaires ont légèrement augmenté, cela ne compense pas le coût du trajet domicile-lieu de travail.

Et donc, certains candidats chômeurs préfèrent tourner les talons et rester au : « Soit ils refusent directement, soit ils acceptent par nécessité et se rendent compte à la première fiche de salaire que cela ne sera pasrement acceptable. Et du coup, ils sont très volatils et partent à la moindre opportunité ! Pour certaines missions stratégiques, certaines arrivent quand même à payer des frais de déplacement.

Sélection de proximité

Ce qui oblige l’agence intérim Start People à changer son fusil d’épaule : « Nous avons dû revoir notre mode de recrutement, en ne recherchant que des candidats habitant près du lieu de travail. Cela devient plus compliqué de les fidéliser. Dans l’alimentaire, où les salaires sont plus élevés, on y arrive encore, mais côté ouvrier, c’est plus difficile et en tout cas il faut au minimum une mission hebdomadaire… »

Christine pointe enfin le manque de transports en commun : « Sur l’axe Ath-Ghislenghien-Enghien, on manque cruellement de lignes de bus, cela n’aide pas non plus les intérimaires qui doivent alors utiliser leur voiture, avec les coûts é cela implique ! »

Missions de courte durée, c’est la galère…

Enfin, l’influence négative du coût des carburants est également perçue chez Peps Interim à La Louvière, comme nous le confirme Marie : « Pour nos ouvriers, ce n’est pas encore arrivé, car ils travaillent tous ple in temps Par contre, du côté des techniciennes de surface, nous essuyons beaucoup plus de refus en raison de la distance des trajets et des coûts du carburant. Car ce sont souvent des missions de courte durée, voire parfois même d’une ou deux heures par jour. Par conséquent, elles refusent la mission car ce n’est pas louable, d’autant plus que bien souvent sur une affaire à des femmes seules avec enfant(s). Nous recherchons par exemple ici pour une grande entreprise chimique une technicienne de surface pour 2h30 par jour, et nous n’arrivons toujours pas à trouver l’oiseau rare ! »

En matière de recrutement, le coût des déplacements est désormais devenu un critère prépondérant pour attirer les candidats à l’embauche. Ainsi, il y a quelques semaines, les aides ménagères et familiales ont fait savoir à juste titre qu’il n’était plus tenable de payer autant pour se rendre d’un client à l’autre. Dans cet ordre d’idées, la société Eko services à Cuesmes s’est dotée d’une quinzaine de voitures électriques, sans permis, pour son personnel et planche aussi sur l’utilisation de vélos électriques. Mais ce type d’investissement n’est évidemment pas supportable pour de petites structures !

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