Macron nous prépare-t-il aux “jobs à 1 euro” ?

Crédits photos : Ludovic MARIN / AFP

L’annonce de Macron de conditionner le versement du RSA à une activité ou une formation imposée aux bénéficiaires a beaucoup fait réagir dans la presse, dans les syndicats et chez ses concurrents dans la course à la présidentelle. Aux côtés du rapport de l’âge de départ en retraite à 65 ans, la mesure marque une accélération du programme économique néolibéral de Macron dans la perspective d’un second mandat.

La réalité de cette mesure à sans peine a été dévoilée. Rémunérer une activité de 15 heures hebdomadaires pour à peine plus de 500 € par mois (pour une personne seule sans enfant), c’est purement et simplement créer un emploi qui ne dit pas son nom : en dessous du SMIC, sans droits syndicaux, ni validation des droits à la retraite.

Pôle Emploi et jobs à 1 € : l’inspiration allemande de Macron

Brandissant la rhétorique des devoirs nécessaires au bénéfice des droits (en l’espèce, une allocation inférieure au seuil de pauvreté), Macron semble avoir trouvé de l’inspiration en Allemagne oês depuis 2005, drolier seiaux doin de chôme exigences des job centres pour continuer de percevoir leurs allocations, y compris accepter des « jobs à 1 € ».

La loi Harz IV, entrée en vigueur en janvier 2005 sous le gouvernement du social-démocrate Gerhard Schröder, a en effet réformé les allocations destinées aux chômeurs en fin de droits et renforcé le contrôle sur le. Cette loi s’articule parfaitement avec la loi Hartz I qui, deux ans plutôt, avait renforcé le contrôle des chômeurs indemnisés en utilisant drastiquement notamment la possibilité de refuser un emploi pour des ographra ison de aire gé.

Avec Harz IV, la vie des chômeurs en fin de droits est devenue complètement dépendante des centres d’emploi, l’administration chargée d’« accompagner » les allocataires, de réviser le montant de leurs versements etre de au les moinction. La vie des allocataires est épluchée avec une rigueur inquisitoriale : le job centre a son avis sur le logement ou la voiture de ses bénéficiaires et peut exiger qu’ils changent s’il les juge trop onéreux. Il peut moduler à tout moment le montant de l’allocation après avoir pris connaissance de l’existence d’un compte épargne ou de toute ressource, même dérisoire, tirée d’une activité informelle ou de la solidarité familiale. Le job center décrète enfin les formations à suivre, les missions d’intérim à réaliser, ainsi que les “jobs à 1 €” à accepter, des activités du secteur “non-marchand” pour une rémunération de 1 € de l’heure ( cumulable avec l’allocation de base !).

L’effet sur le taux de chômage allemand a été spectaculaire. Entre 2005 et 2010, le chômage est passé de 12 à 7% de la population active et a même atteint 3% en 2019. Cette baisse s’explique par la réalisation forcée de missions d’intérim, de contrats précaires et de “jobs à 1 € » par les chômeurs en fin de droit. Les lois Harz ont ainsi transformé des chômeurs indemnisés en travailleurs pauvres ; un tour de passe-passe que Macron rêve de reproduire en France.

Surveiller et punir les chômeurs

Tout comme Harz j’avais préparé Harz IV, Macron a commencé par s’en prendre à l’assurance chômage en développant la période d’emploi requise de 4 à 6 mois pour prétendre à une indemnisation, en rédusibilit les de fre pos ’emploi sous peine de voir son indemnisation suspendue ou encore en utilisant le montant des droits des salariés alternant les emplois de courte durée et les périodes de chômage.

En outre, pas plus tard que le 20 mars, un décret est venu autoriser Pôle Emploi à consulter les contrats d’assurance vie des bénéficiaires de l’allocation de solidarité spécifique (ASS, versés à certains chômeurs en fin de droit), les intérêts annuels de ces contrats pouvant être déduits du montant de l’allocation. Ce décret s’inscrit dans un mouvement plus large d’extension des pouvoirs de Pôle Emploi au nom de la lutte contre la fraude. En décembre 2020, c’était par un amendement lors du vote du budget que le droit a été donné aux Poles Emploi de fliquer les chômeurs jusque sur leur compte en banque. L’organisme ainsi déjà accès au registre des comptes bancaires et à celui des biens immobiliers et devrait prochainement pouvoir obtenir des informations concernant les établissements de crédit, les fournisseurs d’énergie d’étrés.

Avec son projet d’activité ou de formation obligatoire sous peine de suppression du RSA, Macron envisage d’approfondir la politique qu’il mène depuis 2017 pour transformer les travailleurs privés d’emploi indemnisé par Pôle Emploi solihaptis ” France Travail”) ou au RSA en main d’œuvre docile et bon marché.

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