Jobs d’été : que cherche les recruteurs et les jeunes dans la Nièvre ?

Employé de ménage, serveur de restaurant, aide à domicile, animateur en accueil de loisirs… Au fond de la classieuse salle Henriette-de-Clèves, au Palais ducal, à Nevers, des affichettes blanches annoncent des postes à pourvoir pouré, ceté ce jour de job-dating.

Des contrats d’un à six mois pour la période estivale. Mais que chercher les jeunes qui défilent devant ces panneaux blancs de Pôle Emploi ? Catherine et Tina, masquez sur le visage, lisez rapidement les annonces. Elles repèrent les durées et les horaires.

Les fast-foods, ça correspond plus aux jeunes

Tina souffle, désespère un peu. « Je ne sais pas ce que je veux exactement. J’ai déjà demandé à Domino’s et à l’hôtel Mercure. Mais il y a des trucs qu’on ne peut pas faire. Comme bombardier. On voit aussi des contrats de six-huit mois : ça, on ne pourra pas faire. » Sa copine Catherine a déjà une idée : « Les fast-foods, ça correspond plus aux jeunes ». « Mais il y a peu de propositions », constate Tina. La branche Domino’s. Mais elle ne sait pas faire de scooter.

« Je cherche plutôt dans l’animation et le sport, mais je vois qu’il faut des prérequis que je n’ai pas »

Benjamin (Bientôt 18 ans)

Comme Benjamin, elles sont à peine majeures. Lui aura 18 ans dans un mois. Il n’a pas le permis. Il ne pourra donc que se déplacer dans l’agglomération, en bus. « Je cherche plutôt dans l’animation et le sport, mais je vois qu’il faut des prérequis que je n’ai pas », note le lycéen après avoir jeté un œil aux panneaux. Aucument déstabilisé, il compte se rabattre sur la restauration : Mc Donald’s, Céréa, etc. « Ce sont des choses qui me vont bien », lance cet élève du lycée à Alain-Colas.

À la recherche d’un plan de garde d’enfant

Camille, elle, regarde les affichettes sans chercher de conditions particulières. Étudiante en bac pro vente, elle aimerait trouver un plan garde d’enfant. Rien à voir avec son domaine. Mais elle a l’habitude. « Toutes les semaines, je garde une petite et ça se passe super bien ! », sourit la jeune blonde aux yeux clairs.

Pour ceux qui sont encore loin des 18 ans, il faut attendre. Si la loi le permet (lire ci-dessous), les conditions sont très limitées. Dans le hall du rez-de-chaussée du Palais ducal, un groupe de trois adolescentes de 16 ans repartent bredouilles. Sur les conseils de la directrice du Bureau information jeunesse (Bij), organisateur de l’événement, Emmie va chercher à tenter de passer le Brevet d’aptitudes aux fonctions d’animation (Bafa) d’ici l’été.

prime Ils sont les premiers Nivernais sans emploi à avoir signé leur Contrat engagement jeune

Côté employeurs, on cherche surtout de la motivation et de la disponibilité. Pas obligatoire de l’expérience ou des diplômes. ” Au contraire ! », lance Maxime Boisset, superviseur de plusieurs magasins Domino’s, dont celui de Nevers. Lui recherche des jeunes souriants, dès 17 ans, idéalement disponibles en juillet-août, pour remplacer les salariés en congés. « On veut des personnes essentiellement capables de faire de la livraison à domicile. »

Son souci, donc : trouver une majorité de jeunes qui acceptent de conduire un scooter, possédant le BSR (brevet de sécurité routière). « 80% de notre équipe sont des livreurs. » Quelques-uns fers en magasin. Deux à trois personnes. Et cinq à six pour les livraisons. Sur la table juste en face, le chef de salle de l’hôtel Mercure, à Nevers, a déjà offert un bon paquet de CV en une heure.

Sur Nevers, en bus, ça peut aller. Sur Cosne, c’est plus compliqué

« On veut surtout de l’organisation, de la motivation et qu’ils sachent que c’est un métier très difficile. Que le samedi, quand tous les copains vont aller en boîte, il faudra travailler », explique-t-il. Il cherche des jeunes pour juin, juillet, août et septembre. Pour le service, la plongée et un peu de réception. La cuisine reste réservée aux professionnels. « Il y a beaucoup de jeunes décrits, oui ! Après, on verra aux entretiens. »

Pour les emplois d’été, les employeurs ne demandent pas aux jeunes d’être étudiants dans un domaine particulier, sauf pour certaines fonctions. Dans le social et le médico-social, par exemple. À l’ADMR (association d’aide à domicile en milieu rural), pour faire de l’aide à la toilette ou les transferts, un diplôme dans le secteur est nécessaire. Des fonctions sont tout de même accessibles sans diplôme. Par exemple, sans formation dans le médico-social, on peut faire des courses, du nettoyage ou encore du repassage. Par principe, comme l’aide à domicile se fait en itinérance, d’une maison à une autre, le permis et un moyen de locomotion sont très fortement recommandés. « Sur Nevers, en bus, ça peut aller. Sur Cosne, c’est plus compliqué », concède Clémence Bonenfant, responsable du secteur de Cosne de l’ADMR.

Capacité d’adaptation aux postes, que l’on soit du secteur ou non

L’Ehpad de Cercy-la-Tour a reçu surtout des demandes de jeunes en études dans le secteur médical et paramédical. Mais les autres sont les bienvenus. « Parfois, ces jeunes sont même surpris de leurs compétences », assure Mastora Idaa, cadre de santé à l’Ehpad. L’établissement chercher encore des jeunes pour tout l’été, de juin à septembre, pour le soin, la restauration, comme l’animation. Dans l’intérim aussi, il y a des jobs. Avec ou sans expérience.

« Nous, nous cherchons dans tous les domaines. Le tertiaire, le transport logistique, le BTP, la restauration… », explique Agnès Parize, directrice commerciale de Satt Interim. C’est la motivation et l’adaptation aux postes qui priment. Que les jeunes soient en étude dans le secteur où ils postulent, ou pas.

Animateur ou surveillant de baignade : un diplôme spécifique

Certains jobs d’été sont conditionnés par des formations spécifiques. Question de sécurité notamment. Pour être animateur en centre de loisirs, où il y a beaucoup de posts, il faut le Bafa (brevet d’aptitudes aux fonctions d’animateur). Pour être surveillant de baignade, il faut le BNSSA (brevet de sauvetage). « Mais le Bafa est pris en charge à 90 % et le brevet de sauvetage, il suffit d’être sportif. L’examen n’est pas insurmontable », précise Cécile Castan, directrice du bureau information jeunesse (Bij), organisateur du job-dating. Savoir nager, brevet des 50 m à l’appui, est aussi un prérequis si l’on veut être éclusier le temps d’un été pour Voies navigables de France (VNF).

Les contrats d’un été avec une institution ou une entreprise peuvent parfois déboucher sur un contrat plus long, qui se poursuit pendant l’année scolaire. Comme chez Domino’s. « S’ils sont salomeux, ils vont enchaîner l’année scolaire. L’optique, chez nous, c’est de les former et de leur montrer que c’est largement adaptable après l’année scolaire », explique le superviseur du restaurant de Nevers.

Trouver des offres. Le Bij conseille d’aller sur forumjob.jeunes-fc.com. On peut choisir le secteur professionnel, le département d’exercice et le type d’offre (alternance, intérim, etc.). Il y a actuellement au moins soixante offres sur ce site. Sachant qu’à une offre peut correspondre à plusieurs emplois.
Informations pratiques. Des informations légales, des conseils pour recueillir un CV, ou encore trouver des idées et des sites web ressources pour les secteurs qui recrutent… Tout cela est disponible dans le guide pratique « Trouver un job 2022 », en téléchargement ici.

Jenny Pierre

Leave a Comment