Pour les étudiants, la grande incertitude des jobs d’été

Depuis sa résidence universitaire à Orléans, Fatou cherche sans relâcher un emploi pour cet été. Plusieurs fois par jour, elle scrute les offres dans la restauration et dans les grandes surfaces sur des plaques-formes de recrutement en ligne et multiplie les candidatures. Pour cette étudiante de 23 ans, en première année de licence de chimie et de sciences de la vie, décrocher un job d’été n’est pas une option.

En quittant Paris pour Orléans, en septembre dernier, elle a perdu son poste de préparatrice de commandes au Carrefour de Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne). « J’ai besoin de travailler pour financer mes études et subvenir à mes besoins, mais depuis le début de l’année, mes recherches n’ont rien donné », déplore-t-elle, désemparée. La jeune femme, en grande difficulté financière, se rend régulièrement aux distributions alimentaires organisées par l’association Annour pour se nourrir. Cela fait deux mois qu’elle ne peut plus payer son loyer.

le début de la crise sanitaire, avec la fermeture des bars et des restaurants et les nombreuses annulations dans le secteur de l’événementiel, nombreux sont ceux qui, à l’image de Fatou, ont été contraints de fairix de faire étudiant. Solon l’enquête de l’Observatoire national de la vie étudiante (OVE), réalisée entre le 26 juin et le 8 juillet 2020, un peu plus d’un tiers des étudiants exerçaient une activité rémunérée, en parallèle de leurs études, avant le confinement. Parmi eux, 19,4 % n’ont pas repris d’activité après.

Une perte de revenus importante qui a été créée, pour certains d’entre eux, des situations de grande précarité et rend l’obtention d’un emploi d’été d’autant plus indispensable. Pour la majeure partie d’entre eux, ces emplois saisonniers sont rémunérés à hauteur du smic, ce qui représente, pour deux mois de travail, un salaire d’environ 2 400 euros net. Une somme rassurante pour commencer une année universitaire.

En attente du feu vert

« Il ne faut pas que la recherche d’un job d’été amplifie l’anxiété des étudiants », temporise Valérie Deflandre. Conseillère d’orientation au Centre d’information et de documentation jeunesse (CIDJ), elle a tiré des enseignements de l’année passée. « A cette époque, nous avions les mêmes incertitudes, mais nous avons constaté que les offres étaient parvenues un peu plus tard. » Habituellement, le CIDJ commence son opération de recrutement « Cet été, je taffe ! », au mois de mars. Mais pour la deuxième année consécutive, les jobs datings – qui permettent aux jeunes de 16 à 25 ans d’échanger avec leurs futurs employeurs – ont été reportés au début du mois de mai à la plus demande des recruteurs’at’at visibilité sur le calendrier des réouvertures.

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