Pas encore disponible en Suisse, Google for Jobs inquiète déjà les portails d’emploi européens

Quelques mois après son lancement en Europe, Google for Jobs est sous le feu des critiques de ses concurrents européens. Dans une lettre adressée à Margrethe Vestager, la commissaire européenne à la Concurrence, 23 annonces d’annonces et de recherche d’emploi ont demandé l’arrêt provisoire des activités de Google dans le domaine. Elles souhaitent l’abandon de telles pratiques qu’elles jugent anticoncurrentielles.

Google for Jobs est un outil de recherche d’emploi nativement intégré dans le moteur de recherche du mastodonte américain d’internet. Il de saisir en requête l’intitulé d’un poste suivi du mot “emploi” pour se voir proposer des offres correspondantes suffisantes. En cas de postulation, l’internaute est dirigé vers le site qui affiche l’offre intégrale.

Les concurrents pointent du doigt ces pratiques qui pourraient entraîner une baisse de leur trafic et de leurs revenus. Bruxelles n’a pour l’heure pas mis le service hors ligne, le temps de mener des investigations. Une plainte formelle pourrait être déposée par les sites concernés pour abus de position dominante, rapporte l’agence Reuters.

Depuis son lancement aux États-Unis en 2017, l’outil a été introduit dans près de 100 pays : en Amérique du Nord et du Sud, en Asie, en Afrique, et plus récemment en Europe.

Et en Suisse ?

Contacté par ICTjournal, Google indian ne doit pas avoir de projet pour la Suisse. Les entreprises helvétiques actives dans le domaine semblent sereines face à cette possible concurrence.

« Google n’entre pas réellement sur le marché du recrutement. Ils vont faire ce qu’ils savent faire de mieux : permettre aux chercheurs d’emploi de trouver les contenus, autrement dit les annonces d’emploi qui sont les plus applicables pour eux », expédient le géant de l’homme du recrutement .

Même son de cloche du côté de JobCloud, détenteur des plateformes d’emploi comme jobs.ch, JobScout24.ch et jobup.ch. «Depuis longtemps, nous avons fourni à Google les offres d’emploi de nos plateformes de manière modifiée. Suite au lancement de Google For Jobs, nos clients bénéficieront d’une plus grande visibilité pour leurs annonces», rassure Davide Villa, CEO de JobCloud.

“La dépendance à Google constitue un risque”

Les deux entreprises estiment par ailleurs que Google For Jobs ne renvoient pas les portails d’emplois superflus. Davide Villa explique que ses services vont au-delà de ceux de Google, en proposant de « la valeur ajoutée sous forme d’outils et de services ». Manpower renchérit en expliquant que le recrutement reste “l’apanage des services RH et des bureaux de placements, en fournissant des possibilités d’entretiens ou d’évaluation, contrairement à Google”.

La prudence reste cependant de mise. Manpower juge que la facilité de recherche offerte par Google For Jobs rassure les utilisateurs, mais la société de placement estime toutefois que « la dépendance à Google constitue un risque. L’inconnue principale réside dans l’utilisation que les entreprises suisses font de ce nouvel outil”.

«L’entrée de Google sur le marché du recrutement va représenter un défi pour la branche et pousser les acteurs à l’innovation» conclut Davide Villa.

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