une « société française à ce point en déclin » ?

Dans une newsletter, le fondateur pose le constat : sans repreneur, Livres « va être mis en liquidation». Un dernier numéro sera envoyé aux abonnés ce jeudi, avec pour thématique la bêtise.

La bêtise n’est pas un sujet anodin. Est-elle aujourd’hui en progrès ? La question reste ouverte. Mais c’est plus visiblement que jamais un moteur de l’histoire. Un moteur essentiel, comme l’a illustré l’élection de Donald Trump, comme l’illustre aussi, en France même, l’assassinat et la décapitation d’un professeur du secondaire. Son crime était d’avoir enseigné à ses jeunes élèves l’art de l’esprit critique.

Début octobrele fondateur pointait déjà les difficultés d’un modèle économique «mis en œuvre à une époque aujourd’hui révolue ». Le principe était simple : vente au numéro, publicité et abonnement.

«Suivant l’évolution générale de la presse écrite, la vente au numéro a diminué et les recettes publicitaires se sont effondrées. Seuls les abonnements se sont vendus. Et, dans l’espace d’un an, nous avons subi une triple peine : les grèves de décembre-janvier, la pandémie de Covid-19 et la faillite de Presstalis, le principal distributeur de presse en France. »

Avec une certaine démission, il poursuit : «Une entreprise non locative doit disparaître : c’est dans l’ordre des choses.» Mais il y a quelque chose de choisi de «moins normal» nuance-t-il «c’est qu’un magazine de qualité dont le seul objectif est de promouvoir le bon usage de l’esprit critique ne peut trouver de repreneur suffisamment convaincu de l’intérêt de cet objectif pour investir dans la recherche d’une solution. La société française est-elle à ce point en déclin» ?

Si dans son état actuel, Books prend donc fin, «d’une façon ou d’une autre [il] renaîtra de ses cendres».

Une nouvelle disparition sinistre pour le monde du livre, alors que la revueLe Débatde Pierre Nora mettait égallement la clef sous la porte après 40 années et 210 numéros, en septembre dernier.

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