Le Covid-19 raréfie les jobs pour étudiants

Congés forcés pour les étudiants cet été. Le Covid-19 a ralenti l’activité dans de nombreux secteurs, normalement pourvoyeurs d’emplois saisonniers.

«Nous n’avons pas pu embaucher un seul étudiant cette année», témoigne ainsi Rogier Van Zanten, directeur de l’hôtel Meliá. Plus de la moitié des chambres restent vides, laisse au chômage la majorité de ses 75 salariés. Le soutien des «quatre à cinq étudiants» présente l’été dernier n’est donc plus nécessaire.

Le secteur du commerce de détail n’offre pas beaucoup plus de boulot. Dans la boutique de prêt-à-porter Zara du Kirchberg, “nous avons gelé les embauches à cause du Covid-19”, raconte une employée. Alors qu’en juillet et août dernier, deux étudiants avaient été recrutés.

Ces derniers ont-ils plus de chance du côté de la restauration ? Pas sûr. Le groupe Manso (250 salariés) n’a pris que deux jeunes cet été, contre une dizaine l’année dernière. «Nous tournons à 70% de notre activité», justifie Rémy Manso, à la tête de l’entreprise. En cause : « le télétravail ». Même au McDonald’s de Bereldange, on est passé de huit à deux étudiants pour la période estivale. « Nous n’avons pas mal d’équipiers portugais qui partent normalement en vacances en août, mais ils ne sont pas partis cette année à cause du Covid-19 », explique Jordan Daer, gérant.

25% de contrats étudiants en moins

Heureusement, d’autres ont pu prendre une pause, comme au Paname. « Nous avons embauché entre deux et trois jeunes pour couvrir la terrasse et remplacer les employés dont les congés se sont proposés pendant la crise du Covid-19 », relate ainsi Michelle Primc, gérante du restaurant à Luxembourg-ville. Soit autant que l’été dernier. Elle a en revanche reçu davantage de CV de jeunes : “On voit que beaucoup d’entreprises ne fument plus.”

Ce que confirme Adecco Luxembourg. L’agence de recrutement enregistré a 134 contrats étudiants en juillet 2020, soit 25% de moins que l’an passé. « Les offres d’emploi ont diminué dans les secteurs les plus touchés par la crise : la vente, l’hôtellerie, la restauration… » Elle note une reprise du recrutement dans le BTP, mais elle ne « concerne pas les études » .

La situation pourrait avoir de lourdes conséquences selon l’Association des cercles d’étudiants luxembourgeois (Acel). «Quelques jeunes se font de l’argent de poche pendant cette période, mais la plupart en ont besoin pour financer leurs études», analyse Benjamin Kinn, son vice-président. Il ne s’inquiète pas pour autant : « Nous n’avons pas reçu d’appels d’étudiants qui n’ont pas décrit de travail d’été pour le moment. Les plaintes concernaient surtout ceux qui ont perdu leur travail étudiant pendant le confinement, mais le gouvernement leur a accordé des aides financières. Si les choses proposées à s’aggraver, « il faudrait demander au ministère compétent de combler la perte financière », envisage-t-il.

Pas de changement dans la grande distribution

Même dans les communes, l’effectif est réduit. Celle de Strassen emploie 52 jeunes, contre 72 l’an dernier, ce qu’elle explique par deux semaines de recrutement en moins à cause des incertitudes liées au Covid-19. La Ville de Luxembourg a quant à elle engage 317 jeunes, contre 356 l’an passé :

En attendant, certains secteurs recrutent toujours pour la saison estivale. Sur le site Jugendinfo.lu, qui ne dispose pas de statistiques par rapport à l’année dernière, une vingtaine d’offres de stage et jobs étudiants sont
en ligne
.

Dans la grande distribution, Cactus affirme avoir engagé, “comme chaque année, un bon nombre d’étudiants” entre juin et septembre: réassortisseurs, caissiers, étiquetteurs, manutentionnaires… Lescore-service stations Total Pulvermuhle à Luvermuhle à Luvermuhle ont pas non plus réduit la voilure : entre un et trois jeunes pour la saison, soit un été comme les autres.

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