Paris fête le printemps avec les pharaons, la mode et le surréalisme : les expositions incontournables de la saison

Le soleil brille, les oiseaux chantent et les tables sont pleines aux terrasses des cafés des marques parisiennes. Le printemps a clairement fait son apparition dans la capitale française et, après avoir été tenus à l’écart pendant près de deux années complètes à cause de la pandémie, les touristes sont revenus en masse. Paris est prête à les accueillir à nouveau avec un éventail alléchant de pharaons, de mode, de féministes, de surréalistes et de trésors péruviens. Voici une sélection des expositions d’art les plus attendues à Paris dans les mois à venir.

1 – Pharaon des Deux Terres, Musée du Louvre (28 avril – 25 juillet)

Déjà célèbre pour sa pyramide de verre, Le musée du Louvre pousse encore plus loin son penchant pour tout ce qui est égyptien avec une grande exposition consacrée au pharaon Taharqa, ancien roi de Napata, l’ancienne capitale d’un vaste royaume de Nubie, situé dans l’actuel nord du Soudan.

Vers 730 av. J.-C., le roi nubien Piankhy conquit l’Égypte et fonda la 25e dynastie des rois koushites, qui régna pendant plus de 50 ans sur un royaume s’étendant du delta du Nil au confluent des Nil blanc et bleu. Le plus célèbre de ces rois est le pharaon Taharqa.

Racontant l’histoire des rois de Napata, l’exposition se concentre sur le rôle prépondérant de ce personnage historique et de son vaste royaume, aujourd’hui situé au centre du Soudan. Une incroyable collection de statues et autres œuvres d’art vous plongera dans une histoire vieille de plusieurs millénaires.

Une sculpture de l’exposition Pharaon Taharqa au Louvre du 28 avril au 25 juillet. © Musée du Louvre

2 – Gaudí, Musée d’Orsay (12 avril – 17 juillet)

Évadez-vous à Barcelone en pénétrant dans l’univers extraordinaire de l’Art Nouveau L’architecte catalan Antoni Gaudí Lors de la première grande exposition parisienne qui lui est consacrée depuis 50 ans. Dans ce spectacle immersif, vous découvrirez l’atelier de l’architecte, ses techniques de travail innovantes, ses collaborateurs et ses projets grandioses.

Sept des créations architecturales de Gaudí sont inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO ; Une reconnaissance du génie d’un homme qui a changé le visage de la Catalogne à une époque où les bouleversements sociaux et politiques poussaient les artistes à innover et à évoluer.

Dessins, maquettes et mobilier inédits en France permettront de pénétrer dans l’univers monumental de cet artiste singulier au fur et à mesure qu’il construit ses œuvres majeures, de parcs en palais, en passant par le parc et le palais Güell, la Casa Milà et , bien sûr, l’incontournable Sagrada Familia de Barcelone.

La célèbre Sagrada Familia d'Antoni Gaudí, photographiée le 16 septembre 2020 à Barcelone.
La célèbre Sagrada Familia d’Antoni Gaudí, photographiée le 16 septembre 2020 à Barcelone. © Paul Barrena, AFP

3 – Yves Saint Laurent dans six musées parisiens (jusqu’au 15 mai)

Bien que les musées collaborent parfois pour organiser une grande exposition, il est très rare que six d’entre eux travaillent ensemble pour monter une exposition géante. Le Centre Pompidou, le musée du Louvre, le musée d’art moderne, le musée d’Orsay, le musée national Picasso-Paris et le musée Yves Saint Laurent à Paris présentent Yves Saint Laurent aux musées, une exposition qui traverse ces institutions artistiques à Paris.

Une création d'Yves Saint Laurent exposée au Louvre jusqu'au 15 mai.
Une création d’Yves Saint Laurent exposée au Louvre jusqu’au 15 mai. © Stéphane de Sakutin, AFP

Le 29 janvier 1962, à 26 ans, le jeune Yves Saint Laurent présente sa première collection personnelle. C’est un défilé exceptionnel qui le propulse au rang des grands couturiers, où il restera jusqu’à sa mort en 2008. A l’occasion des 60 ans de son premier défilé, chaque musée met en lumière les liens du couturier avec l’art et le public français. collectes.

>> Lire la suite : Les musées parisiens célèbrent le créateur français “tout à fait éclectique” Yves Saint Laurent

4 – Toyen, Musée d’art moderne (25 mars – 24 juillet)

Le Musée d’art moderne est consacrer une exposition à l’artiste surréaliste tchèque Toyen. Intitulée “Toyen, l’écart absolu”, elle utilise la peinture pour explorer l’isolement. La peintre-poète Marie Cerminová a choisi le pseudonyme Toyen en référence à la Révolution française et aussi le mot français pour citoyen, “citoyen”.

Né à Prague en 1902, Toyen a traversé le 20ème siècle “toujours au confluent des choses les plus émouvantes qui s’y passent”. Peintre surréaliste, elle s’associe à son compatriote tchèque Jindrich Styrsky dans les années 1920 pour créer “l’artificialisme”, un mouvement qui se veut “une identification totale du peintre au poète” et constitue “une préfiguration saisissante de l’abstraction lyrique”. ‘ ‘ des années 1950″, selon le Musée d’art moderne.

Elle s’enfuit à Paris en 1948, rejetant le totalitarisme soviétique de son pays, et rejoint le groupe surréaliste. Elle occupe une place clé dans le mouvement, poursuivant jusqu’au bout « sa quête du lien entre désir et représentation ».

Cette rétrospective unique présente 150 de ses œuvres (peintures, dessins, collages et livres de musées et collections privées) en cinq parties.

Peinture Minuit de Toyen de 1961 dans le cadre de la grande exposition du Musée d'art moderne, du 25 mars au 24 juillet.
Peinture Minuit de Toyen de 1961 dans le cadre de la grande exposition du Musée d’art moderne, du 25 mars au 24 juillet. © Musée d’art moderne

5 – Charles Ray, Centre Pompidou & La Bourse de Commerce (jusqu’au 20 juin)

Figure majeure de la sculpture américaine contemporaine, Charles Ray est présenté pour la première fois non pas dans une seule exposition française mais dans une double exposition aux deux Centre Pompidou et La Bourse de Commerce. Conçu en dialogue avec l’artiste, il propose un voyage à travers un paysage engageant à la fois l’esprit et le corps, avec une collection représentative qui illustre les différentes directions de ses œuvres.

Le travail de Ray est incroyablement varié, allant des photographies (une forme qu’il n’utilise plus) aux sculptures en acier inoxydable brillant, aux statues surdimensionnées de personnes et aux véhicules et troncs d’arbres reconstitués. Mais son sens de l’humour est omniprésent et son travail semble toujours être très laborieux. « Je ne pense jamais à la sculpture ; Je pense sculpturalement », a-t-il déclaré lors du vernissage de l’exposition Pompidou.

Il y a une histoire fascinante derrière chaque pièce réalisée par Ray, avec des références à l’actualité, à l’histoire de l’art, à la littérature ou à la propre vie de Ray. C’est une exposition où les textes muraux et le guide audio (lu par Ray lui-même) ajoutent beaucoup à l’expérience.

Fall '91 de Charles Ray, au Centre Pompidou jusqu'au 20 juin 2022.
Fall ’91 de Charles Ray, au Centre Pompidou jusqu’au 20 juin 2022. © Centre Pompidou

6 – Machu Picchu et les Trésors du Pérou, Cité de l’Architecture et du Patrimoine (16 avril – 4 septembre)

Vous ne pourrez peut-être pas voyager au Pérou, alors Machu Picchu vient à vous dans cette exposition immersive qui permet aux visiteurs d’entrer dans l’environnement grâce à la réalité augmentée.

Partez sur les traces de près de 3 000 ans de civilisations précolombiennes à découvrir les mystères du Machu Picchu dans une nouvelle exposition majeure avec près de 200 pièces originales de l’un des plus grands musées péruviens.

Les visiteurs pourront admirer des chefs-d’œuvre, objets symboliques et archéologiques, réunis pour la première fois à Paris, dont certains n’ont jamais quitté le Pérou. Comprenant des coiffes, des masques funéraires, des couronnes et plus encore, cela a été décrit comme l’une des collections d’or les plus impressionnantes jamais exposées.

Masque funéraire dans l'exposition Machu Picchu à la Cité de l'Architecture et du Patrimoine, du 16 avril au 4 septembre
Masque funéraire dans l’exposition Machu Picchu à la Cité de l’Architecture et du Patrimoine, du 16 avril au 4 septembre © Cité de l’Architecture et du Patrimoine

7 – Héroïnes Romantiques, Musée de la Vie Romantique (6 avril – 4 septembre)

Elles étaient des combattantes, des artistes, des écrivaines, des musiciennes et des muses : elles étaient aussi toutes des femmes au cœur de l’exposition du Musée de la Vie Romantique. Sapho, Jeanne d’Arc, Marie Stuart, Héloïse, Juliette, Ophélie et Atala se dévoilent sous les coups de pinceau de ces artistes. Leurs histoires dramatiques et leurs passions exacerbées ont contribué à forger une image romantique de la femme au XIXe siècle.

Quelles sont les femmes qui attirent l’attention des artistes et comment sont-elles représentées ? Plus d’une centaine de peintures, sculptures, manuscrits et objets d’art dévoilent ces héroïnes, célébrées ou inventées par les artistes romantiques, qui ont marqué de leur empreinte la culture et l’imaginaire de l’époque.

L’exposition est divisée en trois sections principales : Héroïnes du passé, Héroïnes de la fiction et Héroïnes en scène. Les liens forts entre littérature, arts de la scène et beaux-arts sont explorés lorsque Shakespeare rencontre Eugène Delacroix, tandis qu’Antoine-Jean Gros se passionne pour la mythologie grecque.

8 – Simon Hantaï, Fondation Louis Vuitton (18 mai – 29 août)

A l’occasion du centenaire de la naissance de Simon Hantaï, la fondation présente une importante exposition rétrospective de plus de 130 œuvres de l’artiste, dont beaucoup n’ont jamais été exposées auparavant.

Connu pour ses œuvres abstraites kaléidoscopiques, Hantaï (1922-2008) est à l’origine de la technique de pliage (pliage) dans lequel une toile est froissée et nouée avant d’être uniformément peinte puis étalée pour révéler une matrice de motifs.

Né à Bia, en Hongrie, Hantaï s’installe à Paris après avoir reçu une bourse du gouvernement pour y étudier. A Paris, il s’associe en 1952 à l’écrivain André Breton et s’associe rapidement aux surréalistes parisiens, rencontre plusieurs peintures animalières fantastiques avant de rencontrer l’œuvre de Jackson Pollock et de rompre avec les idéologies surréalistes en 1955. Les peintures d’action de Pollock et le travail de l’abstrait Les expressionnistes ont directement inspiré le propre virage de Hantaï vers l’abstraction à l’échelle monumentale. L’exposition de la Fondation se concentrera principalement sur les œuvres de cette période clé de 1957-2000.

Tabula de Simon Hantaï de 1975, dans le cadre de la rétrospective de la Fondation Louis Vuitton du 18 mai au 29 août.
Tabula de Simon Hantaï de 1975, dans le cadre de la rétrospective de la Fondation Louis Vuitton du 18 mai au 29 août. © Fondation Louis Vuitton

9 – Pionniers : Artistes dans le Paris des années folles, Musée du Luxembourg (jusqu’au 10 juillet)

Les femmes sont à nouveau au centre de cette exposition qui célèbre les pionnières créatives qui ont surmonté la discrimination et la marginalisation dans la première moitié du XXe siècle à Paris. Il est rappelé aux visiteurs le rôle essentiel des artistes femmes dans les mouvements artistiques critiques, du fauvisme à l’abstraction en passant par le cubisme, le dada et le surréalisme, mais aussi dans les mondes de l’architecture, de la danse, du design, de la littérature et de la mode ainsi que de la découverte scientifique.

Les explorations visuelles et conceptuelles présentées ici confirment leur courage face aux conventions établies qui enfermaient les femmes dans certains métiers et stéréotypes. À travers les nombreux bouleversements du début du XXe siècle, un certain nombre d’artistes féminines clés ont commencé à émerger. Leur nombre a augmenté après la révolution russe et la Première Guerre mondiale, qui ont intensifié les remises en cause du modèle patriarcal pour des raisons pratiques, politiques et sociales. Les femmes ont acquis plus de pouvoir et de visibilité, et les artistes ont donné à ces pionnières un visage qui les représentait réellement.

10 – Giovanni Boldini : Plaisirs et Jours, Petit Palais (29 mars – 24 juillet)

Vous êtes un monstre de talent (Tu as un talent monstrueux) » : C’est ainsi que le célèbre impressionniste français Edgar Degas a décrit son collègue portraitiste et ami Giovanni Boldini. Une rétrospective de cet artiste italien au Petit Palais explose de couleur; La dernière exposition Boldini en France a eu lieu il y a plus de 60 ans.

Né en Italie en 1842, Boldini était de bons amis avec Degas et Marcel Proust et est devenu l’un des talents artistiques les plus célèbres du Paris du début du XXe siècle. Il connaît un succès considérable de son vivant, devenant le portraitiste de prédilection d’une riche clientèle internationale. A Paris, capitale mondiale de la mode, il était particulièrement aimé des princesses et des riches héritières, et son travail témoigne de l’époque.

Portrait de Mlle Bell par Giovanni Boldini, 1903. de l'exposition du Petit Palais.
Portrait de Mlle Bell par Giovanni Boldini, 1903. de l’exposition du Petit Palais. © Petit Palais

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